Le chauffage collectif est produit par une chaufferie commune, ou une sous-station de réseau de chaleur, puis distribué à tous les logements de l'immeuble. Sa facture se partage entre les occupants selon des règles fixées par le Code de la construction et de l'habitation et par le règlement de copropriété.
Chaufferie commune, contrat d'exploitation et répartition des charges
La plupart des copropriétés confient leur chaufferie à un exploitant. Les contrats découpent les prestations en postes d'usage : P1 pour la fourniture d'énergie, P2 pour la conduite et l'entretien courant, P3 pour le gros entretien et le renouvellement des matériels, P4 pour le financement des investissements. Ces sigles relèvent de la pratique contractuelle, pas d'une définition légale. Le guide du chauffage collectif en copropriété explique ces postes, ce que le locataire rembourse au titre des charges récupérables (décret n° 87-713 du 26 août 1987) et les avantages comparés du chauffage individuel.
Individualisation : compteurs, répartiteurs et robinets thermostatiques
L'article L174-2 du Code de la construction et de l'habitation impose, lorsque c'est techniquement possible, de mesurer la chaleur fournie à chaque logement. L'obligation ne s'applique pas sous 80 kWh par mètre carré habitable et par an, ni en cas d'impossibilité technique ou de coût excessif justifié par une note. La page sur l'individualisation des frais de chauffage détaille la décision en assemblée générale, votée à la majorité de l'article 25 de la loi du 10 juillet 1965, et la clé de répartition : 30 % de frais communs pour le combustible, 70 % selon les relevés, sauf coefficient antérieur conservé.
Deux appareils assurent la mesure. Le compteur d'énergie thermique, placé à l'entrée du logement, associe un capteur de débit, deux sondes de température et un calculateur ; il suppose une boucle de distribution propre à chaque appartement. À défaut, un répartiteur de chauffage se fixe sur chaque radiateur. Depuis le 25 octobre 2020, les appareils posés doivent se relever à distance, et tous devront l'être au 1er janvier 2027. Préalable obligatoire, le robinet thermostatique est posé par chaque copropriétaire, à ses frais, sans vote de l'assemblée.
Le contrôle reste encadré : faute de mise en conformité après mise en demeure, l'administration peut infliger une sanction plafonnée à 1 500 € par logement et par an, au terme d'une procédure contradictoire.
Rénover la chaufferie ou se raccorder à un réseau de chaleur
Quand les chaudières collectives arrivent en fin de vie, plusieurs voies s'ouvrent : chaudières à condensation montées en cascade, pompe à chaleur collective ou raccordement à un réseau de chaleur. Dans le périmètre de développement prioritaire d'un réseau classé, le remplacement d'une installation de plus de 30 kW déclenche en principe une obligation de raccordement, sauf dérogation. Le dossier sur la rénovation d'une chaufferie collective aborde aussi MaPrimeRénov' Copropriété, qui ne finance plus l'installation de chaudières au gaz depuis le 1er janvier 2025.
Sources : Légifrance, Code de la construction et de l'habitation, article L174-2 et articles R174-1 à R174-18 (version en vigueur au 19 octobre 2026), articles L185-2 à L185-4 ; arrêté du 27 août 2012 modifié ; loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, articles 24-9 et 25 ; décret n° 87-713 du 26 août 1987 ; Code de l'énergie, articles L712-1 à L712-3 ; Service Public, fiche F14745 (vérifiée le 4 août 2026) ; Cerema, fiche « Réseaux de chaleur et charges locatives » ; Anah, guide « Les aides financières en 2026 » (septembre 2026).
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