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Chaudière Le Guide

Intoxication au CO par une chaudière : causes, symptômes et gestes d'urgence

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Homme qui tient à deux mains un petit détecteur blanc à installer au mur

Une chaudière mal entretenue, un conduit de fumée obstrué ou une ventilation bouchée peuvent dégager du monoxyde de carbone, un gaz invisible et inodore. Santé publique France recense environ 3 000 personnes intoxiquées par an et une centaine de décès (communiqué du 26 novembre 2025).

Monoxyde de carbone et chaudière : un gaz qui ne se sent pas

Le monoxyde de carbone, noté CO, se forme lors d'une combustion incomplète, quand le combustible brûle sans assez d'oxygène. Toute chaudière qui brûle du gaz, du fioul, du bois ou du charbon peut en produire si la combustion se dérègle ou si les fumées ne sont plus évacuées. Ce gaz n'a ni couleur, ni odeur, ni goût, et il n'irrite pas : rien ne prévient l'occupant de sa présence.

Une fois respiré, le CO prend la place de l'oxygène dans le sang. Selon la quantité et la durée d'exposition, l'intoxication va de simples maux de tête à la perte de connaissance et au décès. Le communiqué de Santé publique France, de la Direction générale de la santé et de l'Anses du 26 novembre 2025 fait état d'environ 3 000 personnes accidentellement intoxiquées chaque année en France et d'une centaine de décès par an ; la page thématique de Santé publique France, mise à jour en mai 2020, parlait d'environ 4 000 intoxications par an.

Causes d'intoxication liées au chauffage central

Les intoxications au monoxyde de carbone autour d'une chaudière ont presque toujours une cause identifiable, liée à l'appareil, à l'évacuation des fumées ou à l'aération du logement :

  • un défaut d'entretien : brûleur encrassé, réglage déréglé, combustion incomplète ;
  • un conduit de fumée obstrué par des suies, un nid ou un éboulement, ou un conduit percé qui refoule dans le logement ;
  • des entrées et sorties d'air bouchées, souvent pour éviter les courants d'air en hiver ;
  • une hotte ou une ventilation mécanique qui inverse le tirage d'une chaudière raccordée à un conduit ;
  • une installation modifiée sans avis professionnel, par exemple un raccordement de fortune.

Le conduit tient un rôle central. Le ramonage obligatoire, décrit dans le guide sur le ramonage du conduit de chaudière, vérifie qu'il est vide sur toute sa longueur. Le fonctionnement des conduits classiques et des ventouses est expliqué dans la fiche sur les cheminées et l'évacuation des fumées.

Symptômes d'une intoxication au CO à reconnaître

Les symptômes d'une intoxication au monoxyde de carbone ressemblent à ceux d'une grippe ou d'une indigestion, ce qui retarde souvent l'alerte. Santé publique France cite les maux de tête, une grande fatigue, des nausées, des vomissements et des vertiges.

Deux indices doivent faire penser au CO plutôt qu'à une maladie. Le premier : les troubles apparaissent rapidement près d'un appareil à combustion et s'atténuent quand on sort du logement. Le second : plusieurs personnes du foyer, ou les animaux domestiques, présentent les mêmes signes en même temps. Prenons un appartement où deux occupants ont mal à la tête chaque soir depuis la remise en route du chauffage, et vont mieux le lendemain au travail : ce schéma justifie d'appliquer immédiatement les gestes d'urgence ci-dessous.

Gestes d'urgence en cas de doute sur le monoxyde de carbone

Les gestes à suivre en cas de suspicion d'intoxication au monoxyde de carbone sont fixés par les autorités sanitaires. Ils s'appliquent sans attendre d'être sûr :

  1. Aérer immédiatement en ouvrant portes et fenêtres.
  2. Arrêter les appareils à combustion si c'est possible, sans les démonter.
  3. Évacuer le logement sans attendre, avec les personnes et les animaux.
  4. Appeler les secours depuis l'extérieur : le 15 (Samu), le 18 (pompiers), le 112 (numéro d'urgence européen) ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes.
  5. Ne pas revenir dans le logement avant le passage d'un professionnel qualifié qui a trouvé et corrigé la cause.

En cas d'odeur de gaz, qui est un risque différent mais tout aussi grave, il faut aérer, ne manipuler aucun interrupteur, sortir et appeler le numéro d'urgence gaz figurant sur la facture de gaz. Aucune intervention sur la chaudière ou sur la conduite de gaz ne doit être tentée par l'occupant.

Mesure du CO lors de l'entretien annuel de la chaudière

L'entretien annuel obligatoire comprend une évaluation des émissions de monoxyde de carbone. Le professionnel mesure la teneur en CO et l'interprète selon trois niveaux, repris par Service Public :

Teneur en CO mesuréeSituationConséquence
Moins de 10 ppmNormaleAucune mesure particulière
De 10 à moins de 50 ppmAnormaleLe professionnel signale la nécessité d'investigations complémentaires (tirage du conduit, ventilation du logement)
50 ppm ou plusDanger grave et immédiatChaudière mise à l'arrêt jusqu'à sa remise en service dans des conditions normales

Les ppm (parties par million) expriment la concentration du gaz dans l'air prélevé. Les conseils donnés en fin de visite sont en principe indicatifs, sauf en cas de teneur anormalement élevée en CO. Le déroulé de la visite figure dans le guide de l'entretien annuel de la chaudière.

Détecteur de CO et ventilation : prévenir au quotidien

La prévention du monoxyde de carbone repose d'abord sur l'entretien et l'aération. Santé publique France recommande de faire vérifier chaque année, et avant toute remise en service, chauffages, chauffe-eau et conduits par un professionnel qualifié ; d'aérer au moins 10 minutes par jour, même par temps froid ; de ne jamais boucher les ventilations ; de ne pas faire fonctionner un chauffage d'appoint plus de deux heures de suite.

Le détecteur de monoxyde de carbone n'est pas obligatoire dans les logements au 19 octobre 2026. Il peut compléter ces précautions, à condition de le poser selon sa notice, près des appareils à combustion et des pièces de sommeil, et de ne pas y voir un substitut à l'entretien. Une chaudière ancienne qui se dérègle souvent pose aussi la question de son remplacement, abordée dans le guide sur la durée de vie d'une chaudière. Les autres sujets de sécurité sont regroupés dans la rubrique entretien et sécurité des chaudières.

Intoxication, détecteur et ventilation : questions sur le CO

Une chaudière à ventouse peut-elle provoquer une intoxication au monoxyde de carbone ?
Le risque est plus faible, car l'air est pris et rejeté à l'extérieur, mais il n'est pas nul. Un terminal obstrué, un conduit déboîté ou un brûleur déréglé peuvent produire du CO. L'entretien annuel reste donc indispensable.
Le détecteur de monoxyde de carbone est-il obligatoire ?
Aucune obligation n'impose de détecteur de CO dans les logements au 19 octobre 2026. Il reste un complément utile, sans dispenser de l'entretien de la chaudière ni de l'aération quotidienne.
Que faire si le technicien mesure plus de 50 ppm de CO ?
À 50 ppm ou plus, la situation est qualifiée de danger grave et immédiat : la chaudière est mise à l'arrêt. Elle ne peut être remise en service qu'une fois la cause corrigée, dans des conditions normales de fonctionnement.
Peut-on boucher une grille d'aération pour éviter le froid ?
Les ventilations ne doivent jamais être obstruées, rappelle Santé publique France. Elles apportent l'air nécessaire à la combustion et évacuent les gaz ; les boucher est une cause classique d'intoxication.

Sources : Santé publique France, Direction générale de la santé et Anses, communiqué « Intoxications au monoxyde de carbone : adopter les bons gestes peut sauver des vies », 26 novembre 2025 ; Santé publique France, page « Monoxyde de carbone », mise à jour le 13 mai 2020 ; Service Public (DILA), fiche F20760 sur l'entretien annuel de la chaudière, vérifiée le 19 mai 2025.

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