La température de l'eau chaude sanitaire est encadrée par l'arrêté du 23 juin 1978 modifié : 50 °C au plus aux robinets des pièces de toilette et 60 °C au plus dans les autres pièces. Sur un réseau étendu, l'eau doit rester à 50 °C au moins pour freiner les légionelles.
Plafonds de température aux robinets fixés par l'arrêté de 1978
L'eau chaude sanitaire, souvent abrégée ECS, désigne l'eau chauffée pour la toilette, la vaisselle et le ménage, par opposition à l'eau du circuit de chauffage qui circule en boucle fermée dans les radiateurs. Sa température aux points de puisage n'est pas laissée au hasard : l'article 36 de l'arrêté du 23 juin 1978, dans sa rédaction issue de l'arrêté du 30 novembre 2005 publié au Journal officiel du 15 décembre 2005, fixe des maxima pour limiter les brûlures.
Dans les pièces destinées à la toilette (salle de bains, salle d'eau), l'eau ne doit pas dépasser 50 °C au robinet. Dans les autres pièces, comme la cuisine ou la buanderie, le plafond est de 60 °C. Le texte admet jusqu'à 90 °C à certains points signalés des cuisines et buanderies d'établissements recevant du public, un cas qui ne concerne pas le logement. Ces plafonds valent au point de puisage : rien n'interdit de produire ou de stocker l'eau plus chaude, à condition qu'un dispositif la ramène à la bonne valeur avant le robinet.
| Endroit de l'installation | Exigence de l'arrêté du 23 juin 1978 modifié | Risque visé |
|---|---|---|
| Robinets des pièces de toilette | 50 °C au maximum | Brûlure |
| Robinets des autres pièces | 60 °C au maximum | Brûlure |
| Réseau de distribution, si plus de 3 litres entre le départ et le robinet le plus éloigné | 50 °C au minimum en tout point, sauf dans les tubes finaux (3 litres au plus) | Légionelles |
| Stockage d'au moins 400 litres (hors ballons de préchauffage) | 55 °C au minimum en sortie en permanence, ou montée en température suffisante au moins une fois par 24 heures | Légionelles |
Légionelles dans l'eau chaude sanitaire : pourquoi une eau trop tiède pose problème
Les légionelles sont des bactéries présentes dans l'eau. Selon Santé publique France, la légionellose se contracte surtout en respirant de fines gouttelettes d'eau contaminée, sous la douche par exemple, et non en buvant l'eau. Les fiches du Haut Conseil de la santé publique diffusées par le ministère de la Santé citent parmi les facteurs de prolifération la stagnation de l'eau, sa température et les dépôts de tartre. Une eau tiède qui dort dans un ballon peu sollicité ou dans une canalisation sans usage offre donc un terrain favorable.
D'où les deux exigences de l'article 36 rappelées dans le tableau : maintenir l'eau à 50 °C au moins dans un réseau dont le volume dépasse 3 litres jusqu'au robinet le plus éloigné, et soumettre les gros stockages, à partir de 400 litres, à une température de 55 °C en sortie ou à une montée en température quotidienne. Selon une réponse ministérielle publiée par l'Assemblée nationale, ces règles s'appliquent pendant l'utilisation et dans les 24 heures qui la précèdent, aux installations neuves ou entièrement rénovées après le 15 décembre 2006 ; une circulaire interministérielle du 3 avril 2007 en détaille l'application.
Réglage de la température d'eau chaude selon le type de chaudière
Le réglage de la température d'eau chaude dépend d'abord de la façon dont la chaudière produit l'ECS. Une chaudière à production instantanée chauffe l'eau au moment où le robinet s'ouvre : il n'y a pas de stock, donc pas d'eau qui stagne dans l'appareil. Le réglage porte alors surtout sur le confort et la sécurité au robinet. Les écarts entre production instantanée et micro-accumulation sont détaillés dans le guide sur la production d'eau chaude instantanée ou en micro-accumulation.
Avec un stockage, la question change : l'eau attend dans une cuve, parfois des heures. La chaudière avec ballon intégré ou séparé se règle généralement par une consigne de stockage indiquée par la notice du fabricant, et certains appareils proposent une fonction de montée en température périodique. Sur une chaudière double service, qui assure chauffage et eau chaude, la consigne d'eau chaude se modifie en général sur le tableau de commande, indépendamment de celle du chauffage.
- Repérer sur la notice la plage de réglage d'eau chaude et la valeur conseillée par le fabricant.
- Modifier la consigne par petites étapes, puis attendre un cycle complet avant de juger.
- Mesurer l'eau au robinet de la salle de bains avec un thermomètre, après quelques instants d'écoulement.
- Si l'eau dépasse 50 °C à ce robinet, poser un mitigeur thermostatique plutôt que de baisser le stockage sous la valeur conseillée.
Prévenir les brûlures au robinet de la salle de bains
Le risque de brûlure par l'eau chaude concerne surtout les jeunes enfants et les personnes âgées, dont la peau réagit plus vite et qui retirent moins rapidement la main. Le plafond de 50 °C dans les pièces de toilette répond à ce risque. Deux équipements courants permettent de le respecter sans renoncer à une production plus chaude en amont.
Le mitigeur thermostatique, posé sur la douche ou la baignoire, mélange eau chaude et eau froide pour délivrer une température stable et comporte souvent une butée de sécurité. Le limiteur de température, placé sur une canalisation ou au départ du réseau, plafonne l'eau qui part vers les pièces d'eau. Dans les deux cas, le réglage se vérifie au thermomètre et non au toucher, qui trompe facilement. Pour une installation ancienne dont l'eau sort brûlante au lavabo, la pose d'un mitigeur thermostatique reste l'intervention la plus simple.
Température d'eau chaude, consommation et entretien de l'installation
Chauffer l'eau plus que nécessaire a un coût. Un stockage maintenu très chaud perd davantage de chaleur par les parois du ballon et par les tuyaux, surtout s'ils traversent un local non chauffé. Le calcaire se dépose aussi plus vite quand l'eau est chaude, ce qui encrasse l'échangeur et réduit le débit d'eau chaude avec le temps. À l'inverse, descendre trop bas pour économiser expose au risque sanitaire décrit plus haut. Le bon réglage est celui qui respecte la notice et les plafonds au robinet.
La visite d'entretien est l'occasion d'en parler avec le professionnel : le contrôle de la chaudière, des réglages et de la régulation fait partie de l'entretien annuel obligatoire de la chaudière. Les autres sujets liés à la production d'eau chaude, du ballon au micro-stockage, sont rassemblés dans la rubrique eau chaude sanitaire et chaudière.
Réglage de l'eau chaude : réponses aux cas courants
- Un ballon individuel de 200 litres doit-il être maintenu à 55 °C ?
- L'exigence de 55 °C en sortie vise les stockages d'au moins 400 litres, hors ballons de préchauffage. Pour un ballon de taille domestique, la consigne à suivre est celle de la notice du fabricant. Éviter qu'il reste longtemps tiède, après une absence par exemple, relève du bon sens sanitaire.
- Pourquoi l'eau sort-elle tiède alors que la consigne est élevée ?
- Un réglage correct n'empêche pas une panne de vanne, un échangeur entartré ou une pression insuffisante. Les causes et les vérifications possibles sont détaillées dans le guide sur la chaudière qui ne donne plus d'eau chaude. Si le problème persiste, un professionnel doit examiner l'appareil.
- Faut-il augmenter la température pour avoir plus d'eau chaude ?
- Monter la consigne augmente un peu la quantité d'eau mitigée disponible avec un ballon, mais accroît aussi les pertes, l'entartrage et le risque de brûlure. Sur une production instantanée, le confort dépend surtout du débit que l'appareil peut chauffer. Mieux vaut vérifier que l'appareil est adapté au nombre de points d'eau.
Sources : INERIS, base AIDA, arrêté du 23 juin 1978 relatif aux installations fixes destinées au chauffage et à l'alimentation en eau chaude sanitaire, article 36 modifié par l'arrêté du 30 novembre 2005 ; Assemblée nationale, réponse ministérielle à la question écrite n° 16911 (15e législature) ; Santé publique France, page « La maladie : légionellose » ; ministère de la Santé, fiche 1 du Haut Conseil de la santé publique sur la légionellose.













